(5) Métier éco – Erwann Tison, directeur des études de l’Institut Sapiens, la première think tech française

1/ Quel métier exercez-vous actuellement ? Avez-vous une spécialité ?

Je suis actuellement directeur des études de l’Institut Sapiens (https://www.institutsapiens.fr), la première think tech française (à savoir un think tank dédié à la tech) qui vise à remettre l’humain au cœur d’une société tout numérique. Comme tous les autres think tank, nous sommes une association à but non lucratif et complètement indépendante. A ce titre, en tant qu’économiste, je coordonne le travail de recherche de nos experts et j’élabore un plan d’études sur le moyen terme. Notre objectif est de lancer des débats dans l’opinion publique pour sensibiliser aux mutations du monde à venir sous l’effet de la vague du numérique.

A titre personnel, je me suis spécialisé sur les questions relatives au marché de l’emploi, qui sera au cœur de la révolution schumpetérienne à venir.

2/ Pouvez-vous nous décrire une de vos journées de travail ? 

Mes journées sont très diverses et variées et ne se ressemblent pas. En tant qu’économiste je dois être en contact avec l’actualité en effectuant une veille active et continue. Je me dois de saisir les débats émergents et l’arrivée de nouvelles tendances sur le marché du travail pour pouvoir proposer des pistes de réflexion adaptées. L’analyse de la presse française et mondiale, spécialisée ou non est essentiel. Je dois également me tenir constamment informé des recherches et travaux académiques inhérents à mes sujets de recherche.

L’autre facette de mon travail consiste à sensibiliser l’opinion publique et politique à nos propositions et aux changements à venir. Cela se concrétise par beaucoup de rendez-vous institutionnels, d’interventions dans les médias ou la participation à des colloques et des conférences.

3/ Qu’est-ce qui vous plait dans ce que vous faites ?

La possibilité de réaliser des choses vraiment concrète. En tant qu’économiste, je suis plus dans la pratique que dans la théorie, les propositions que nous émettons ont un impact concret et réel sur la vie des gens, et c’est extrêmement plaisant et gratifiant. Ce que j’apprécie c’est également la diversité de mes missions, de mes actions et de mes sujets d’études. En sommes mon métier consiste à réfléchir et agir, ce qui est passionnant.

4/ Quel a été votre parcours scolaire / professionnel ?

J’ai fait un Bac ES option théâtre au lycée Marcel Rudloff à Strasbourg. J’ai d’ailleurs longtemps hésité entre le théâtre et l’économie, tant ces deux matières me permettaient de m’exprimer d’une manière différente.

J’ai finalement opté pour l’économie 1 semaine avant ma première rentrée universitaire et c’est un choix que je n’ai jamais regretté. Je suis ainsi rentré à la faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université de Strasbourg, où je suis très fier d’avoir effectué tout mon cursus. A l’université je me suis beaucoup impliqué dans le milieu associatif durant 5 ans. J’ai présidé pendant 2 ans l’ARES (association nationale des étudiants en droit économie et gestion) ce qui m’a permis de rencontrer de nombreux étudiants en faculté d’économie à travers la France, tout en me sensibilisant au monde politique qui est aujourd’hui adjacent à mon métier.

J’ai choisi un Master en analyse des politiques économiques, spécialité macro-économie et politiques européennes, où j’ai réalisé un mémoire sur les transformations à venir sur le marché de l’emploi, sous l’effet du numérique. Une fois diplômé j’ai travaillé pendant 2 ans pour un think tank en tant que chargé de mission puis coordinateur des études, que j’ai quitté en 2017 pour rejoindre l’Institut Sapiens.

5/ Avez-vous des conseils pour les étudiants qui voudraient exercer le même métier que vous plus tard ?

Un économiste n’est pas un super calculateur, ni un comptable ni un mathématicien. Un économiste se doit de comprendre et d’analyser le monde qui l’entoure. La meilleure de ses armes reste son analyse critique. Pour la nourrir, il doit s’ouvrir aux autres disciplines, aux sciences dures, aux sciences sociales et aux sciences humaines. Il est impossible par exemple de comprendre le fonctionnement du marché du travail simplement avec une approche économique. On doit sans cesse diversifier ses sources, ses travaux et surtout ne pas se laisser guider par sa propre idéologie.

Un bon économiste est un chercheur curieux qui s’intéresse à tout et remet toujours en cause ses acquis et ses certitudes. La clé pour être un bon économiste c’est d’être bien plus que cela.

Page twitter : @Erwann_TISON

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