Interview de David Allouche sur le Brexit et les marchés financiers

Bonjour à tous,

Voici une brève interview de David Allouche sur le Brexit et les marchés financiers.

David Allouche est économiste, conférencier en finance et auteur de Marchés financiers, sans foi ni loi ? aux éditions Puf.

sans foi ni loi

 

  • Que s’est-il passé sur les marchés financiers après l’annonce du résultat du référendum ?

 

La première conséquence du « non » au référendum est la volatilité car les bourses détestent l’inconnu, d’ou la volatilité passée et à venir.  La deuxième conséquence de ce résultat est le krach, la chute.  En effet, on a pu constater une chute de la livre, et celle-ci pourrait se poursuivre…

Mais, d’après moi, l’euro va aussi chuter, même si il a limité les dégâts, il ne sera pas épargné à l’avenir. Les bourses se sont aussi  effondrées : -8% en Asie, -8% pour le CAC 40, même la bourse US a chuté.  On peut dire que les actions bancaires ont été massacrées.

Enfin le dernier effet est l’augmentation de l’or, du franc suisse, du Yen, qui servent de valeurs refuges.

 

  • Pourquoi cela n’a pas été anticipé par les marchés ?

 

Les marchés financiers anticipent mal les événements politiques, car les marchés financiers, ce sont les grandes places boursières telles que Londres, Tokyo, Paris, NY.  Alors que c’est la province, les petites villes,  pas Londres, qui ont voté pour le Brexit et pas Londres !

 

  • Pourquoi les effets ont été plus forts sur les marchés financiers des autres pays de l’UE, qu’à Londres ?

 

La bourse anglaise bénéficie d’entreprises aux activités plus diversifiées internationalement que les bourses du continent. L’effet est donc moindre. Par ailleurs, la chute de la livre peut compenser l’effet négatif sur l’activité.

  • Quelles pourraient être les conséquences sur le secteur financier ?

 

Les répercutions sont difficiles à évaluer. Tout dépendra des nouveaux accords entre le Royaume-Uni  et l’Union Européenne. Mais je vois 3 conséquences possibles.

 

1 : La Relocalisation des banques anglaises, suisses, américaines sur le continent si les institutions financières ne peuvent plus exporter leurs services dans l’union.

 

2 : La localisation des chambres de compensation dans la zone euro.

Les chambres de compensation assurent et centralisent les paiements entre les banques commerciales.  Il est à noter que les flux sont énormes !  860 milliards de capitaux entrant sont évoqués dans le cas d’une relocalisation.

 

La CJUE avait indiqué que c’était au Conseil européen de décider et pas la BCE. Mais, avec le Brexit, le Conseil européen pourra aller dans le sens de la BCE en imposant que les chambres qui traitent plus de 5 milliards par jour soient localisées dans la zone euro.

 

3 : Une remise à plat sur le rapprochement entre la bourse allemande, et la bourse de Londres. Les actionnaires de la Bourse Allemande sont appelées à se prononcer en juillet. Que vont-ils decider ?

 

  • Le brexit va t-il profiter à d’autres places financières de l’UE? 

 

Le véritable enjeu est face à l’Asie et aux EU. Avec le Brexit, je pense que l’Europe a perdu.  En effet, la perte de la deuxième plus grosse économie de l’UE et d’une grande puissance militaire affaiblie l’Europe.

Si on veut finir sur une note positive, il y aura des relocalisations des activités financières sur le continent. Paris peut en profiter, mais aussi Francfort, Le Luxembourg, ou Dublin.

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David Allouche dans la presse : 

L’économie de la zone euro retrouve enfin ses niveaux d’avant crise ( Les Echos)

L’épargnant-investisseur responsable, nouvel acteur de la démocratie (L’Agefi)

Les marchés financiers ont-ils une morale ? (Le Revenu)

Interview sur le Brexit : la passion de la souveraineté

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