La folie des banques centrales-P.Artus & M.P. Virard

Bonjour à tous,

Aujourd’hui je vais vous parler du nouvel ouvrage de P.Artus et M.P.  Virard qui a pour titre « La folie des banques centrales : pourquoi la prochaine crise sera pire ». Dans cet ouvrage, les auteurs expliquent comment depuis la crise de 2007 les banques centrales, à cause d’une politique monétaire trop accommodante contribuent à la formation de bulles sur les marchés financiers pouvant exploser. Les auteurs font un constat des points négatifs de cette politique monétaire mais proposent aussi pistes pour l’améliorer.

Je vais dans un premier temps faire un bref (ou pas) CR de ce que l’on peut trouver dans cet ouvrage et donner ensuite mes impressions sur cette lecture :).

 

Folie des BC.jpg

 

 

Les auteurs expliquent comment les banques centrales ont sauvé notre économie lors de la crise de 2007 en évitant la paralysie sur les marchés financiers : les BC ont injecté massivement des liquidités. Depuis cela, les BC continuent à distribuer massivement des liquidités (grâce aux politiques dites « non conventionelles ») dans le but de relancer l’investissement et la consommation.

« Ils ont sauvé la planète finance, et in fine l’économie mondiale, en créant de la monnaie, en injectant des milliers de milliards de dollars ou d’euros dans les circuits(…) Janet Yellen (EU), Mario Draghi (ZE) et autre Mark Carney (RU), ont pourtant laissé les vannes grandes ouvertes, encouragés par l’absence d’inflation et dans l’espoir, toujours déçu, de faire repartir le crédit et la croissance ».

Malheureusement d’après les auteurs ces politiques non conventionelles n’ont pas eu d’effet / ou en a eu très peu sur la croissance, ces politiques ont  provoqué une abondance de liquidités sur les marchés financiers qui peut être dangereuse.

« Mais la potion magique ne marche plus. Difficile en effet de relancer le crédit lorsque les économies sont aussi surendettées. »

 

Le problème est que cet argent injecté dans l’économie par les banques centrales n’est pas réinvesti dans l’économie réelle mais reste dans la sphère financière :  cette distribution n’a donc pas d’effet sur le croissance, l’emploi ect.

« La monnaie a fini d’être au service de l’économie réelle ».

« C’est la première fois dans l’histoire de l’économie moderne que tous les marchés financiers du monde sont à ce point, et en même temps, gavés de liquidités ».

 

Ce sont les banques centrales qui alors pousseraient les banques de second rang à prendre des risques déraisonnés en les gavant de liquidités à taux très (trop) intéressants, et ces mêmes banques sont poussées  aussi par les grandes organisations internationales qui sont censées assurer la croissance mondiale :

« (…) Encouragées dans cette voie par les responsables politiques, par les opinons publiques et même par le FMI qui, dans son rapport annuel sur les perspectives de l’économie mondiale de juin 2015, recommandait encore aux pays avancés de mener des politiques monétaires « accommodantes pour éviter que les taux d’intérêt réels montent de manière prématurée »

Cette expansion monétaire peut être alors la source d’une nouvelle crise, en effet comme l’illustre le travail de deux chercheurs du centre for Economic Policy Research, Markus K . Brunnermeier et Isabel Schnabel, la formation des bulles est toujours précédée d’une grande expansion monétaire et d’un essor de l’endettement très importante, eux mêmes associés «à une vague d’innovation financières et/ou de dérégulation ».

De plus,  il y a eu certes une plus grande réglementation des banques après la crise de 2008, mais, selon les auteurs certaines autres activités n’ont pas été réglementées (comme les hedge funds par exemple).

« Or, l’activité des « non banques » comme les fonds d’investissement ou les hedge funds qui ne recevant pas de dépôts, ne sont pas soumis à la réglementation bancaire. »

 

Il est alors nécessaire, selon les auteurs de redéfinir une bonne politique monétaire, c’est à dire une politique monétaire capable d’agir sur l’économie réelle : en créant de « la prospérité, des richesses et des emplois. » Mais pour cela, un point théorique s’impose.

La banque centrale, indépendante doit décider de la politique monétaire sans se concerter nécessairement avec la « représentation politique » (parlement et gouvernement) ni avec les ministères (par exemple le ministère des Finances). De plus, la PM  (menée par la BCE ici) a pour objectif principal la stabilité des prix c’est à dire le contrôle de l’inflation.  

Les auteurs montrent quels sont les fondements théoriques de l’indépendance de la banque centrale, en effet, selon Milton Friedman l’inflation serait « toujours et partout un phénomène monétaire » et seulement cela! Ce serait le niveau  de monnaie qui fait monter ou baisser les prix sans avoir d’effet sur le chômage ou la croissance. Voilà pourquoi une banque centrale peut être indépendante en se souciant de son objectif d’inflation, son action ne viendrait pas « gêner » l’action des autres politiques économiques (qui elles, ont un impact sur l’économie réelle) menées en même temps.

Une autre des nombreuses raisons pour lesquelles l’organisme chargé de mener la politique monétaire doit être indépendant est que les dirigeants politiques peuvent se servir de la politique monétaire afin d’être réélus. Ainsi, pour limiter cela il fallait donc rendre indépendant du cycle électoral la politique monétaire afin qu’elle soit plus crédible aux yeux des agents économiques.

Mais attention, la neutralité que donnait M. Friedman à la monnaie n’existe pas en réalité. Les banques centrales à travers leurs choix ont un impact très significatif sur l’économie réelle, selon les P. Artus et M. P Virard elles ont des effets sur les finances publiques car elles achètent des dettes publiques en menant une politique de « Quantitative easing », elles peuvent aussi influer sur les exportations et les investissements des salaires, les investissements des entreprises mais aussi des taux de change….Il ne faut aussi pas oublier les effets des PM sur la redistribution des revenus grâce aux « effets de richesses ».

 

Quels sont les problèmes ?

  • Un manque de coordination

Les auteurs soulignent qu’il n’y a malheureusement pas de coordination entre la politique monétaire et les « autres composantes de la politique économique » et que cela à un coût élevé, cela se fait au détriment de la croissance et produit des « décisions sous optimales ».

« La politique monétaire doit donc être coordonnée avec les autres volets de la politique économique (budgétaire, fiscale, salariale, de compétitivité »

Aussi, selon les auteurs, une politique monétaire passerait par un « effort de gouvernance partagée », les banquiers centraux et les autorités de supervision devraient coordonner étroitement la PM et la politique macroprudentielle afin de « caler la politique de crédit sur des objectifs macro financiers ».

« Le principe de séparation doit, pour le moins s’accompagner d’un principe de coopération ».

 

  • Les banquiers centraux ne sont pas parfaits

 

Les choix de politique monétaire sont entre les mains seulement quelques personnes (les membres du comité de politique monétaire et le gouverneur) qui peuvent se tromper ou même parfois servir leurs propres intérêts.

 « Il n’est pas scandaleux de poser la question de leur compétence dès lors que, dans un système de ce type, la valeur des décisions est étroitement corrélée à celle des individus, surtout si l’on a décidé de ne pas leur imposer de règles formelles, mais de leurs laisser au contraire une grande marge de manœuvre »

 

Ex : Alan Greenspan qui a laissé gonfler la bulle des actions «au motif que l’envolée des cours était validée par l’irruption de la « nouvelle économie »».

Conclusion : la prochaine fois ce sera pire …. Et pourquoi.. à vous de le découvrir dans le livre 😉

Mes impressions :

  • J’ai trouvé cet ouvrage très instructif en ce qui concerne les points négatifs de la politique monétaire menée depuis 2007 par les banques centrales et notamment par la BCE. Malheureusement, je trouve que les auteurs se sont vraiment trop répétés : ça alourdit le raisonnement.

 

  • J’ai aussi bien aimé la partie sur la légitimité des banquiers centraux, en effet je pense qu’il important de pointer du doigt cela : ils sont nommés ils ne sont pas élus, ils peuvent se tromper comme tout le monde, ils viennent parfois du secteur privé et bascule dans le secteur public…

 

  • Je pense que ce livre est accessible aux personnes qui ont des notions d’économie, il n’y a pas de termes trop difficiles à comprendre et j’ai aimé lire les différentes explications sur les théories en rapport avec la politique monétaire pour bien comprendre.

 

Bref, j’ai essayé ici de vous donner une vue d’ensemble de ce livre,  je ne peux pas tout vous dire et tout vous décrire, ce serait trop compliqué et ça vous gâcherait votre lecture.

 

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