Témoignage de ceux qui l'ont fait-4

« J’ai vraiment commencé à comprendre comment travailler l’économie à partir de la deuxième année parce que j’avais plus ou moins rien fait en première année et les notes que j’avais étaient assez hasardeuses 8 – 14 – 8 – 13 – 7 – 7. Donc des notes en montagnes russes, et j’ai fini l’année avec 7.5 de moyenne en économie. Pas deg.

Premier conseil : prendre son cours soi-même

Ça oblige à écouter, assimiler et distinguer ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas. J’étais mauvais en première année (en partie) parce que je n’écrivais pas mes cours, car j’avais déjà le script sous les yeux (un intégré nous avait donné les siens peu avant la rentrée). On peut croire qu’on gagne du temps à avoir le cours déjà tapé sous les yeux, avec quelques chiffres en plus, mais on en perd encore plus après lorsqu’on doit apprendre un cours qui n’est pas le nôtre.

 

Deuxième conseil : savoir s’approprier le cours selon sa méthode d’apprentissage.

L’enjeu était en effet d’être capable d’apprendre plus rapidement son cours mais surtout plus efficacement. Comme j’ai une mémoire visuelle, j’ai adopté un triple code d’apprentissage : couleur, taille de police, format. Ce code n’a jamais changé. Le but était de faire ressortir tout ce qui me semblait important de façon à ce qu’en survolant mon cours très rapidement, je pouvais quand même voir les principales dates et les principaux chiffres.

J’apprenais donc mon cours à 100% dans un premier temps (le cours doit être su par cœur, vraiment ; à tel point que j’en avais marre pendant les révisions finales de relire un cours que je connaissais déjà parfaitement) avant de faire ressortir selon les données qui, selon moi, étaient importantes (dates, chiffres, auteurs, livres…)

Code couleur (ça reste très personnel) :

  • Mot à définir
  • A savoir par cœur (avec le fond jaune, je ne peux pas le faire ici)
  • A savoir par cœur aussi (c’était juste pour ne pas me faire trop mal aux yeux en ayant trop de mots écrits avec le fond jaune)
  • A savoir (dans les grandes lignes)
  • Phrases banales
  • Chiffres
  • Prénom auteur + NOM AUTEUR, LIVRE (DATE) (savoir se démarquer en apprenant le nom des auteurs, et l’ouvrage associé) (rouge, police 16)
  • Changement de police: données à faire ressortir lors d’un apprentissage très rapide (genre avant une kholle ou on doit survoler le cours) ; ce qu’on a du mal à apprendre à chaque fois ou ce qu’on a tendance à oublier
  • A savoir par cœur aussi (encadré en noir)

 

RQ: Noter que tout le cours était appris par cœur, ce code couleur servait juste à accélérer l’apprentissage lors des révisions ou avant les kholles ou DS (à la fin, on le connait tellement bien que je pouvais me permettre de sauter les phrases qui étaient écrites sans couleur)

 

Troisième conseil : savoir aérer son cours et faire ressortir les grandes lignes

Alors là c’est extrêmement subjectif mais moi je ne pouvais apprendre que sur des cours très aérés (deux lignes sautées entre le titre et la phrase d’avant et d’après) car je pense qu’il est important de savoir également quand est-ce qu’on change de partie (passage de A. à B. ; de 1. à 2.). Et il faut apprendre également les titres des parties, de façon à ce qu’on garde le plan du cours en tête et qu’on sache où l’on va (exemple : connaitre le plan du cours sur le SMI quand le sujet concerne le SMI permet de ne pas oublier des idées, et permet d’éviter le traitement partiel du sujet).

Aussi, je ne prenais pas mes cours en blocs, en patés, mais en puces. D’où la nécessité de rester attentif en cours car je pouvais résumer plusieurs phrases en une puce bien trouvée. En fait, l’attention que j’avais en cours me permettait de ficher « en direct » le cours du prof en essayant de regrouper ses idées au sein de sous-parties tacites, hiérarchisées selon différentes puces. Cela faisait en sorte que tout le cours était partitionné selon le découpage fait par le prof (I/A/1 ; auquel je rajoutais des a/b/c et d’autres sous-puces). Une fois encore dans une logique de facilitation de l’apprentissage (lorsqu’on apprend par fragments plutôt que par blocs, on a moins tendance à faire de hors sujet car on n’est plus incité à ressortir tout le bloc, mais seulement  la puce correspondante.) Egalement, j’écrivais avec des tirets la plupart du temps.

EXEMPLE:

  • PUCE EXPLICATIVE 1

 

  • Idée 1
  • Idée 2
  • Idée 3

 

  • Autre idée qui en découle

 

  • PUCE EXPLICATIVE 2

 

Code couleur des parties :

  • Grand I/II/III (rouge, 16)

  • Grand A/B/C (bleu, 14)

  • Grand 1/2/3 (vert, 12)

  • Petit a/b/c (orange, 10)

 

RQ: Pour augmenter rapidement la police : CTRL + SHIFT + > (ça allait très vite à chaque fois du coup)

Voici un exemple de cours:  2.-Les-crises-financières-depuis-le-milieu-des-années-80

Autre conseil: trouver des acronymes pertinents et faciles à retenir

c’était clairement ce qui me permettait d’apprendre plus facilement. L’idée était d’être capable d’apprendre  une longue énumération faite par le professeur très simplement, énumération qu’on a tendance à n’apprendre que partiellement car on oublie souvent un ou deux détails.

Exemple : les effets de la désinflation compétitive : chômage (ralentit l’activité) ; baisse du pouvoir d’achat (baisse des couts salariaux ; partage de la VA en faveur du profit…) ; effets sur l’épargne (effet Pigou, épargne de précaution) ; baisse de la rentabilité des entreprises ; restauration de la compétitivité prix. Du coup, plutôt que d’en oublier un, l’acronyme que j’ai trouvé et associé aux effets de la désinflation était le suivant CCREP (comme des crêpes, le but est qu’il soit facile à retenir). Pourquoi CCREP ? Car Chômage – Compétitivité – Rentabilité – Epargne – Pouvoir d’achat. Du coup il n’y avait plus qu’à retenir CCREP pour ne pas oublier un des effets de la désinflation.

 

Question manuels, support annexes … :

J’évitais de trop me disperser en lisant les manuels. J’avais acheté le précis de Combes et le Nathan en première année, mais je ne les ai jamais vraiment travaillés donc j’ai surtout perdu 50 balles. A part pour choper 2/3 chiffres en plus qu’on pense utiles afin de faire la différence (ce qui je pense est faux), c’est plus une perte de temps qu’autre chose. Après, tout dépend de la prépa dans laquelle on est, et du cours qu’on se voit offert. Mais les profs connaissent un minimum les exigences pour ne pas (que) dire n’importe quoi. Le livre qui m’a le plus aidé en 2A est le Dictionnaire des Economistes de Teulon car ça permet d’éclaircir une théorie vue en cours, de la compléter au demeurant mais aussi de connaitre le prénom de l’auteur et le titre du livre qui y est associé.

Sinon le cours de mon prof était connu par cœur, et cela suffisait largement. Il y a déjà beaucoup de travail à fournir pour apprendre correctement un cours alors pas la peine de se disperser dans des lectures pas assez rentables.

Ce que les correcteurs cherchent :

Une réflexion personnelle et argumentée (chiffres, auteurs). Il faut que le point de vue puissent être intellectuellement soutenable de mémoire. D’où un gros effort sur la problématisation et la rédaction d’un plan pertinent. Impossible de commercer à rédiger sans que le plan soit entièrement fini (c’est mon point de vue).

Je passais tout le temps 2h pour faire mon plan + rédiger l’introduction et 2h pour rédiger ma copie d’une traite. Environ 8/9 pages à chaque fois. Certains rédigent la conclusion en même temps que l’introduction ce qui permet de cadrer son raisonnement  mais je préférais adapter la conclusion à ce que j’avais écrit dans mon développement après avoir relu toute ma copie pour être sûr d’une certaine cohérence d’ensemble.

Au brouillon, pour faire un plan : d’abord identifier les termes du sujet et les définir, puis la période et l’univers (quels pays ?), quels enjeux (le plus important), les auteurs à mobiliser (ceux qu’on ne peut pas et qu’on ne doit pas oublier, type Friedman sur la monnaie). Idéalement, la problématique fait émerger un paradoxe : « ça devrait faire A, mais avec Keynes on a constaté B, dès lors…)

 

Comment travailler à l’approche des concours :

Jusqu’aux semaines de révisions d’avril (juste avant les concours), je ne faisais qu’apprendre mon cours, encore et encore. Ce qui faisait que je le maitrisais parfaitement. A force d’apprendre toujours et toujours la même chose, forcément on finit par le connaitre par cœur mais on s’obligeait (avec mon binôme) à le réapprendre encore et encore (même si on le connaissait) car on se rend compte qu’à chaque fois on oubliait des détails ou on se trompait sur des chiffres (qui étaient souvent écrits juste après, car on voit le cours par image mentale).

Puis aux dernières révisions, on a réussi à caser tout le cours de 2A dans les deux semaines de révisions qu’on avait, ainsi que certaines plages horaires destinées à faire des sujets (on en avait casé 3), enfin surtout trouver un plan, et rédiger une introduction (pendant 2h, histoire de pas perdre l’habitude de réfléchir un peu). Il y avait discorde au sein du groupe sur les sujets à traiter mais je pensais qu’il était plus formateur de faire un sujet sur un thème qu’on n’avait pas encore révisé pour voir ce dont on aurait été capable. Et ça permet d’apprendre son cours par la suite en se focalisant sur la correction.

Enfin, le cours de 1A doit être appris AVANT de partir en révision (sinon on n’a pas le temps) 😉  »

Valentin K. admis à l’ESSEC.

Plus qu’une chose à faire:

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Merci beaucoup à Valentin pour sa contribution à ce blog et pour l’aide qu’il apporte à tous les élèves de classe prépa ECE qui liront ce témoignage! C’est toujours important de recevoir des conseils de ceux qui ont vécu les concours. 😉

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