Le prix à payer – Documentaire

« L’évasion fiscale à grande échelle, telle que les géants de la nouvelle économie la pratiquent, creuse l’écart des revenus entre les privilégiés et le reste du monde, appauvrit les classes moyennes, et affaiblit les fondations de nos sociétés. Et si le prix à payer était la mort des démocraties ? »

Le documentaliste Harry Crooks est parti enquêter à Londres, au Luxembourg, aux Iles Caimans, en Ireland et d’autres territoires   sur les paradis fiscaux et les nouvelles pratiques des firmes multinationales pour éviter les réglementations et échapper aux impôts dans les pays où elles génèrent des profits.  Dans ce documentaire vous pourrez voir de nombreuses interventions d’économistes, de militants de la transparence financière et des représentants officiels de grandes organisations comme l’OCDE par exemple.

Je ne vais ici bien sûr pas restituer tout ce qui a été dit dans ce film, simplement,  en évoquer les principaux éléments. 🙂

prix à payer

 

Ce film commence avec un premier constat: nous sommes dans un monde d’inégalités dans lequel le pouvoir est détenu par une petite partie de la population. Les règles du jeu ont changé, l’âge d’or de l’Etat providence est dépassé.

Qui a maintenant le pouvoir? Qui détient les richesses? Pourquoi la finance a t-elle un pouvoir si important?

LA PLANETE FINANCE :

Après la seconde guerre mondiale, l’empire anglais s’est effondré et à ce moment la est né le nouveau marché à Londres : un marché qui était non régulé  , la banque d’Angleterre affirmait que des transactions en dollars ne se faisaient pas là bas alors qu’il y a avait des transactions qui étaient effectuées.  Il  y a eu en réalité la création d’un marché «offshore» non régulé, ainsi,  dans les années 60 les banques américaines ont compris qu’en opérant a Londres elles pourraient éviter les réglementations et le marché a explosé!

La City  a conservé des avantages et des privilèges hérités du passé: par exemple l’argent des péages sert à protéger/promouvoir les services financiers de la City. Cependant, les autres citoyens ne profitent pas de ces ressources. (D’où le mouvement « OCCUPY »: manifestation contre les banquiers de la City).

Depuis Londres a reparti cet argent  ( des milliards de dollars américain qui ne relevait plus de l’Etat américain ) dans beaucoup de paradis fiscaux sans que cette activité soit encadrée. L’argent peut voyager partout ou vous voulez, cela  sans que l’on  puisse l’appréhender avec l’informatique on l’appelle  « le nuage ».

« 2004:LE GRAND CAYMAN »:

Quand l’ouragan a frappé les îles caïmans :  celui ci pouvait tout  détruire  mais il pouvait   rester le 4 ème centre financier du monde  : beaucoup d’argent est investi  aux îles caïmans   mais en réalité  il n’y a presque rien sur place. Il ne se passe rien de réel dans ces pays la, les gens qui  gèrent cela  sont à NY , Paris  ou la City.

« Ceux qui savent n’en parlent pas, ceux qui en parlent sont ceux qui ne savent pas » .

DEMANTELER L’ETAT PROVIDENCE

Il fallait générer  de la croissance économique : il fallait devenir un Etat concurrent et les Etats  ont du réagir en faisant des compromis : baisse d’impôts , subventions pour les entreprises tout en leur garantissant une main d’oeuvre très qualifiée pour pouvoir concurrencer les autres pays.

 

Mais le constat qui est fait est que l’impôt a été abaissé pour les entreprises alors que l’on a augmenté ceux des employés et que ceux ci ont vu leur droits diminuer, tout cela a contribué à l’augmentation des inégalités.

L’économiste T.Piketty  explique qu’il y a eu deux phases : il y a eu une très forte diminution  des inégalités de revenus entre les années  1910-60 puis une stabilisation dans les années  60-70 et depuis une très forte hausse qui nous ramène au point de départ.  Cependant ce phénomène doit être expliqué en prenant en compte les facteurs économiques, technologiques mais aussi politiques. Si on esssaye d’expliquer ces courbes avec des facteurs économiques  et technologiques  on y arrivera pas, le 20 ème siècle a été bien trop chargé en changements politiques pour ne pas prendre en compte la politique.

DETAXATION :

L’auteur dans son documentaire montre que Barclays Bank  détient beaucoup de filiales aux îles caïmans : 181 plus précisément (au moment du reportage) : on dirait que la BB   pratique « l’évitement fiscal à grande échelle ». Ces multinationales ont des tonnes d’avocats et d’experts pour rendre l’illégal légal ou pour trouver la frontière entre les deux.

De plus, une experte explique que la concurrence fiscale est devenue destructrice dans les pays : si on prend l’approche du Canada :  il parait normal que le multinationales ne payent pas d’impôts (ou moins) et les placent dans les paradis fiscaux tandis que l’on voit se developer des contrôles pour tous les autres contribuables qui ne paient pas.

—> L’exemple de l’Irlande:.

Des entreprises comme Google ou Microsoft  sont installées là bas : celles ci créent des emplois mais bénéficient de nombreux avantages fiscaux. Le fait de laisser s’installer une multinationale en Irlande montre bien raisonnement à  court terme du gouvernement irlandais :  cela permet de générer  de l’argent sur le moment mais ces entreprises  n’ont pas investi dans les services et les infrastructures. Enfin,  les citoyens irlandais payent beaucoup d’impôts alors que les multinationales, elles , n’en payent pas.

« Les entreprises profitent des subventions offertes mais quand un pays fait mieux, elles partent . les vrais emplois crées par cette concurrence sont plutôt les postes de bons avocats et d’experts. »

 

L’ECONOMIE NUMERIQUE:

Laisser l’économie numérique  se développer c’est s’exposer à ce que tout disparaisse, aujourd’hui les flux de données des utilisateurs sont un levier pour les multinationales pour créer de la valeur , internet nous demande toutes nos infos au moindre service , mais c’est terrifiant car l’information c’est le pouvoir.

Il faudrait re-fonder  le droit fiscal en prenant en compte ce nouveau fonctionnement de cette économie numérique : prendre en compte que les consommateurs sont des agents actifs de la création de valeur en plus d’acheter les produits finaux.

Enfin, il faut bien prendre conscience que dans cette économie numérique, tous les mouvements se font beaucoup plus rapidement. Par exemple, la durée de détention d’une action est 22 secondes, le roulement est instantané , cette activité n’a rien à voir avec la création d’emplois sauf pour les gens qui travaillent près de wall street : ce sont des  «transactions à haute fréquence».

Voilà un petit aperçu de ce que vous pourrez apprendre dans ce documentaire, je vous le conseille vivement, il est vraiment très intéressant! 🙂

 

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