Conférence à NEOMA BS: Transition énergétique 

Le lundi 25 janvier, la tribune étudiante de NEOMA Business School (campus rouen) Des mots et Débats recevait monsieur Francis Duseux, président de l’UFIP ( Union Française des industries pétrolières) et ancien PDG d’Esso SAF. Le thème de la conférence était: « La transition écologique, avec ou sans le pétrole et le gaz? ».

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Partie 1: Echange entre Francis Duseux et deux étudiants de Des mots et Débats:

A quel point le pétrole a t-il été important et à quel point l’est-il toujours aujourd’hui ? 

L’énergie a été une source incroyable de progrès de l’humanité depuis les années 1800, tous les accessoires dont nous nous servons tous les jours (ordinateurs, téléphones portables, machines à laver) ont besoin d’électricité pour fonctionner, il faut donc générer cette électricité en quantité suffisante. Aussi, l’utilisation de l’électricité a permis une élévation considérable du niveau de vie et un allongement très important de la durée de vie. Enfin, pour monsieur Duseux, il n’existe pas de croissance sans utilisation de l’énergie, c’est pourquoi les entreprises pétrolières sont là.

Le pétrole peut-il être remplacé par d’autres énergies? 

Après l’ère du charbon, il y a eu l’ère du pétrole qui représente aujourd’hui 30% du mix énergétique mais le charbon est toujours utilisé et représente 34 % des émissions de CO2. Le vrai danger viendrait du charbon, le pétrole ne serait pas forcément ce qui est le plus dangereux.

De plus, il faut positionner le problème au niveau de la planète, beaucoup disent qu’il est possible de remplacer les énergies fossiles par des éoliennes et des panneaux photo voltaïque mais selon Francis Duseux cela n’est pas possible pour plusieurs raisons:

  • Il y a un problème « d’approvisionnement », car comment faire lorsqu’il n’y a pas de vent?
  • Les nouvelles énergies ne sont pas assez rentables.

Conclusion: On n’a pas encore trouvé ce qui pourra remplacer totalement le pétrole, les nouvelles énergies qui ont été inventées présentent des limites.

On a considérablement augmenté l’efficacité énergétique dans tous les domaines ce qui voudrait dire que la demande de pétrole va baisser (on estime une baisse de la demande de 20% entre aujourd’hui et 2040), comment les entreprises pétrolières peuvent-elles rester compétitives? 

Si la demande baisse dans certains pays, les entreprises vont assurer la distribution de pétrole et essayer de maintenir la demande, mais il reste tout de même une demande conséquente. Cependant, pour un groupe pétrolier, l’avenir c’est Singapour, l’Inde, les pays en voie de développement qui ont une demande forte car les habitants souhaitent s’équiper (machines à laver, ordinateurs ect). Enfin, un constat important est fait par l’intervenant: dans le monde circulent 1 milliard de voitures, 400 000 avions et 100 000 bateaux qui fonctionnent grâce au pétrole, et cela n’est pas prêt de changer.

Y a t-il un problème de « non-convergence » entre les pays? 

En France, nous faisons la chasse aux émissions de CO2 alors que la France pèse relativement peu dans le poids de ces émissions au niveau global. Tant que l’on aura pas de convergence précise et chiffrée entre l’Europe, les Etats-Unis et la Chine (monsieur Duseux précise ici qu’on peut « excuser » la Chine car il faut lui laisser le temps de se développer), il n’y aura pas de progrès. Pour l’instant on impose pas les mêmes contraintes aux entreprises dans les différents pays.

Quelles sont les conséquences de la baisse du prix du pétrole?

On peut penser que la baisse du prix du pétrole n’a que des avantages car on pense tout de suite au surplus de pouvoir d’achat des consommateurs des pays qui importent ce pétrole. Cependant il ne faut pas oublier que les grands pays exportateurs étaient aussi des pays importateurs de produits étrangers, ainsi cela pèse sur leur pouvoir d’achat et fait baisser leur demande. Enfin, cela peut aussi avoir des conséquences sociales importantes comme au Vénézuela par exemple.

Que peut-on penser de la COP 21? Est-ce un réel progrès? 

La grand avantage de la COP 21 a été de provoquer une prise de conscience des individus: il y a un problème de climat sur cette planète. Mais, malheureusement, au niveau mondial il n’y a pas eu d’engagement chiffré alors qu’en France le gouvernement en a pris. Cela va toucher nos industriels qui vont recevoir des pénalités et qui donc, seront moins compétitifs.

Que peut-on changer? Que peut-on espérer? 

Il faut garder espoir et foi dans les progrès technologiques qui peuvent être faits dans le futur.

Consommer mieux et travailler l’efficacité de l’énergie: cela peut être par exemple faciliter l’usage des transports en commun (ex: laisser les véhicules à l’entrée de la ville).

Malheureusement, pour l’instant nous n’avons pas les infrastructures suffisantes pour faire cela. Cependant, monsieur Duseux croit en un effort collectif pour changer nos habitudes de vie dans les villes.

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PARTIE 2 : ECHANGE AVEC LE PUBLIC: 

A propos des voitures électriques, on peut voir que Tesla et Renault investissent et arrivent à avancer technologiquement dans ce domaine, mais est-ce que ces voitures représentent un danger pour l’industrie pétrolière?

Pour F. Duseux la réponse est non, les problèmes majeurs de cette voiture sont : son autonomie trop limitée ( 140 km d’autonomie, moins avec le chauffage ou la climatisation) et son coût très élevé. De plus, pour faire les batteries de ces voitures, en lithium donc, il faut des ressources rares et limitées. Enfin, selon lui, une voiture électrique est plutôt destinée à un usage urbain et pas pour voyager et parcourir de longues distances.

Quelles voitures utiliser alors? 

Les pétroliers sont persuadés que la solution est la voiture hybride: en ville c’est le moteur électrique qui fonctionne et lorsqu’on doit aller plus loin on utilise le moteur thermique, on pense notamment qu’à l’horizon 2030 un véhicule sur deux sera hybride. Cependant, le problème est que ces voitures coûtent cher: il faut ajouter 7000 À 8000 euros en plus.

Donc il faut être patient, les coûts baisseront sûrement et les ingénieurs trouveront une solution.

Bilan de cette conférence:

Francis Duseux a avancé les arguments que l’on attendait, étant donné sa position à l’UFIP il apparait normal qu’il défende l’utilisation du pétrole. Il n’est pas fermé au progrès concernant l’énergie et n’est pas catégorique: il y aura plus tard d’autres énergies qui pourront être aussi efficaces que le pétrole, mais il n’y en a pas pour l’instant.

Vous pouvez suivre Des mots & Débats sur leur page Facebook : Page facebook de Des mots et Débats

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Une pensée sur “Conférence à NEOMA BS: Transition énergétique 

  • 30 janvier 2016 à 0 h 18 min
    Permalink

    Magnifique événement de l’association Des Mots & Débats de NEOMA Business School. Un débat sincère vivant sur des sujets brulants d’actualité.
    A quand la prochaine conférence ?

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